DOCUMENTS DE PREPARATION
Programme Des Informations Pratique Visa Fiche
LETTRE DU BRESIL - TEXTES ET CONFERENCES
Lettre du Bresil >Español >English >Deutsch >Italiano
Mariano Puga : Compte Rendu du
Responsable International
Père José Ernanne Pinheiro: L´ÉGLISE DU BRÉSIL EN PRÉPARATION À LA CONFÉRENCE D´APARECIDA
Günther Lendbral: NOTRE FRATERNITÉ SACERDOTAL JÉSUS CARITAS
FRATERNITÉ SACERDOTALE
« IESUS CARITAS »
COMPTE RENDU DU RESPONSABLE
INTERNATIONAL
NOVEMBRE 2000 - NOVEMBRE 2006
Mariano Puga, prêtre
Chers frères,
o Merci ! pour être venu, pour les frères que
vous représentez.
o Merci ! aux frères du Brésil qui nous
accueillent.
o Merci ! à notre cher fr. Charles, le
Bienheureux.
o Merci ! à Toi, notre Bien-aimé Frère et
Seigneur Jésus.
o Merci ! Esprit Saint, Vent créateur du Futur.
o Merci ! Père, en ton Amour, nous nous abandonnons.
NOTRE EQUIPE DE SERVICE
INTERNATIONALE
Vous vous rappelez, sans doute, qu’à notre
VIIIme Assemblée Internationale du Caire 2000, l'Equipe
de Service Internationale qui venait d’être élue, a «lavé les
pieds » aux frères représentant des 5 continents. Nous voulions exprimer
ainsi ce que Jésus notre Maître et Seigneur, nous commandait à travers
vous :
o Visitez nous
o Ecoutez nous
o Encouragez nous dans l’Esprit du fr. Charles
o Ouvrez nous à la dimension universelle
o Faites-le dans la joie de servir !
Nous sommes ici pour ce Compte Rendu de notre
service, et à l’écoute de ce que vous attendiez de nous.
Les paroles de Jean-Marie, sont devenues
prophétiques : « L’Equipe Internationale sera très prophétique ;
je pense qu’elle sera peu pratique ». À cause des problèmes de
communications et notre inexpérience, il nous a été difficile de maintenir
notre Rencontre Annuelle pour fraterniser, prier, nous informer et programmer
d’après « les Appels du Désert » du Caire 2000.
L’incorporation d’Abraham au Secrétariat a été
très important pour l’informatique. La visite accompagnée des membres de
l’Equipe aux régions n’a pas réussi. Félicien, Tony et Helmut, membres de
l’Equipe, vous rendrons compte de leurs services dans leurs continents. Il
faudrait être attentif pour l’élection de la prochaine Equipe du Service
Internationale et son opérativité.
Cela m’a obligé à prendre mon « bâton de
pèlerin » et... partir ! (quelques uns parmi vous connaissent bien
les difficultés d’informations, de transports..., et ce magnifique accueil
fraternel !) Merci ! de tout coeur à ceux qui l’ont rendu
possible !
MES VISITES ET REFLEXIONS
Elles sont écrites dans mes Lettres aux
Fraternités des années 2002, 2003, 2004 et 2005.
Année 2002 :
Retraite des Fraternités du Brésil, Rencontre
annuelle de l'Équipe de Service Internationale et visite des Fraternités aux
Philippines, Rencontre des Fraternités au Pakistan, Retraite des fraternités
d’Espagne.
Année 2003 :
Rencontre annuelle de l'Equipe de Service
Internationale à Eupen, Belgique ;
Rencontre de la Région du Sud-Ouest de la France,
Rencontre de la Région Wallonne de Belgique, Visite des Fraternités à Paris,
Sud-est de France et Suisse, Rencontre de la Fraternité d’Algerie-Tunisie
(Oran). Mois de prière à l’Assekrem, Rencontre des Fraternités de La Havane et
de Holguín, à Cuba, Retraite aux Fraternités du Chili, Visite à
Johannesburg, Afrique du Sud, à Sergio, membre de la fraternité du Chili ;
Visite à la Fraternité à Naïrobi, Kenya ; Rencontre de la nouvelle
fraternité du Rwanda, Rencontre des membres de la Fraternité de
la République Démocratique du Congo, Rencontre annuelle de l'Equipe de
Service Internationale à São Paulo, Brésil.
Participation au Mois de Nazareth de La Rioja,
Argentine ; Rencontre des responsables régionaux des Etats-Unis, visite à
la Fraternité à New York, Participation à la Retraite des fraternités du
Canada.
Année 2004 :
Rencontre annuelle de l'Equipe de Service Internationale
et de la Fraternité de la République Centrale d’Afrique, à Bangui.
Participation à la Retraite des Fraternités du Cameroun, Visite aux
prêtres des Fraternités du Burkina Faso, Rencontre des Fraternités de
Tananarive et Toliara, Madagascar.
Rencontre des Fraternités à Bangalore, Inde.
Participation à la Rencontre Nationale des Fraternités d’Indonésie,
Yog-Yakarta. Visite à la Fraternité de Tasmanie, Australie ; Visite à
Michael Bassano, membre de la fraternité en Thaïlande, Bangkok ; Rencontre
de membres de la Fraternité de Bangladesh à Dacca ; La visite des
fraternités au Vietnam n’a pas réussi! Rencontre de Fraternités du Chili,
Valparaiso.
Année 2005 :
A l'occasion de la Béatification du Fr.
Charles à Rome : Rencontre Annuelle de l’Equipe de Service Internationale,
préparation et convocation à la IXme Assemblée
Internationale ; Contacts avec des membres des Fraternités et de
la « Famille Spirituelle du fr. Charles » ; Rencontre avec
le nouveau responsable d’Italie et visite de la Fraternité à Gênes ;
Rencontre des membres de la Fraternité de Malte.
Rencontre des Fraternités d’Angleterre à leur
Retraite. Rencontre des Fraternités d’Irlande, Rencontre Nationale des
responsables régionaux des Etats-Unis à Spokane.
A toutes ces rencontres, j'ai essayé de visiter
les petits frères et les petites soeurs de Jésus, pour découvrir ces pays
« à partir des pauvres » et me renouveler dans l’esprit du fr.
Charles.
Helmut m'a représenté pour les rencontres
annuelles « de la Famille Spirituelle du fr. Charles de Foucauld».
CE QUE J'AI VU ET ENTENDU
« Ce que nous avons vu, et entendu…car la vie
s’est manifestée » (1 Jn 1, 2).
Aspects généraux :
·
En ces 6
années, la globalisation du Monde se déplace progressivement de l’Occident à
l’Orient, même si l’Occident garde encore le pouvoir.
·
Cette
nouvelle économie engendre une nouvelle culture dont nous allons discuter ces
jours-ci.
·
Notre Eglise
Catholique reste trop « romaine », peu ouverte aux efforts
« d'Africanisation», d’ «Asiatisation »,
d’ «Amerindianisation », de nos Eglises, défiées par les cultures
émergentes.
·
Les
exclus du Système croissent, ainsi que le fossé entre riches et
pauvres. Où sommes-nous situés?
·
Nos Eglises
d’Amérique Latine préparent à Aparecida, Brésil, la Vme
Conférence Générale des Evêques de l’Amérique Latine et Caraïbe, sur :
« Disciples et Missionnaires de Jésus le Christ, pour que en Lui, nos
peuples aient la Vie» .
·
Deux
événements importants pour nos fraternités nous interpellent :
o La reconnaissance par Rome de « La Fraternité
Sacerdotale Iesus Caritas » comme « Association Internationale
Privée des Prêtres » ouvrira les portes de plusieurs Eglises locales où
nous ne sommes pas encore présents.
o La Béatification du fr. Charles : son témoignage
incarné, contemplatif, fraternel, prophétique, sacerdotal et missionnaire peut
être un Printemps pour une « Eglise des Pauvres ».
« Re-inventer, dans la force de l'Esprit, le témoignage du fr. Charles, en
nos cultures et nos Eglises » est notre enjeu! Ainsi, nous ferons de lui à
coté du Pape Jean XXIII et Mgr. Romero, les grandes figures de l'Eglise du XXme
siècle.
Aspects spécifiques :
1.- Une certaine universalité
A plus de 50 ans de notre naissance, nous
sommes quelques 4,000 prêtres en :
·
Amérique du
Nord : Mexique, Etats-Unis, Canada
·
Caraïbe :
Santo Domingo, Cuba
·
Amérique du
Sud : Brésil, Argentine, Chili, des fraternités naissent en Bolivie, Colombie,
Venezuela
·
Europe :
France, Belgique, Allemagne, Espagne, Italie, Angleterre, Irlande,
Suisse, Pologne, Hongrie, Australia
·
Afrique :
Maroc, Algérie, Tunisie, Egypte, Kenya, Rwanda, R. D. du Congo,
Congo-Brazzaville, Cameroun, République Centrafricaine, Burkina Faso, Niger,
Madagascar. Une fraternité commence au Bénin.
·
Asie :
Israël (Nazareth), Pakistan, Inde, Bangladesh, Philippines, Corée du Sud,
Indonésie, Vietnam .
·
Australie
: Tasmanie
Il y a un « vieillissement » aux pays
des premières fraternités : Europe, Amérique Latine, États-Unis. Naissance
et vitalité en certains pays d’Afrique, Asie et Brésil.
Notre présence en ces Eglises est un signe discret
à la « périphérie » sociale et ecclésiale. Le témoignage du fr.
Charles attire par sa dimension contemplative, son expérience fraternelle, sa
proximité des pauvres et sa dimension missionnaire.
2.-Vie de fraternité
·
C’est ce qui
nous rend connus : « participer en fraternité »
·
En nos
diversités raciales, culturelles, ecclésiales... on partage la joie de la
fraternité (je l’ai ressentie lors de mes visites !)
·
La liberté
d’Esprit pour partager en profondeur nos vies, à la lumière de l'Evangile de
Jésus.
·
Elles sont
des espaces d’accueil, d’écoute, de conversion pour plusieurs prêtres .
·
La référence
au fr. Charles reste très diversifiée.
·
Quelles
distances ! quels sacrifices pour ne pas manquer à ces rencontres !
3.-Dans l'Esprit de Nazareth
·
La plupart
des frères témoignent que la fraternité les a aidés à s’ouvrir à Dieu, aux
hommes et femmes, dans l’ordinaire du jour au jour, selon le Modèle Unique,
Jésus de Nazareth.
·
Centrés sur
l'Eucharistie, Sacrement du Pain partagé, et sa prolongement dans
l'Adoration Eucharistique. Tant de fidélité en beaucoup de nos frères !
·
La quête de
Dieu, dans l'Evangile de Jésus, les journées de Désert ;
« Perdre du temps pour Dieu », dans nos sociétés d’efficacité,
nous rend plus humain dans notre présence à la vie des hommes.
·
Le Mois de
Nazareth pose des problèmes à certains frères : disposer du temps, le faire par
étapes, le maintenir comme condition pour entrer en fraternité.
4.- Frères universels, proches et engagés avec
les pauvres
·
On sent une
présence fraternelle dans nos Presbytères, parfois difficile à maintenir à
cause des différentes options théologiques et pastorales. Nous sommes
plus « frères » que « pères ».
·
Il y a des
efforts admirables de partager la vie et la cause des pauvres et des exclus. En
Amérique Latine ils prennent le visage de « l’option pour les
pauvres » ainsi que « assumer la cause des pauvres ». En Europe
et les Etats-Unis, le visage d’assumer « la cause des exclus » :
immigrés, minorités religieuses, SIDA. En Afrique et Asie le visage
d’une « diaconie », face à la croissance de la pauvreté et de la
misère, des désastres naturels (sécheresses, tsunami), de la violence et de la
guerre, du SIDA.
5.- La mission
·
En tant que
fraternités ancrées dans les Eglises locales, elles expriment les faiblesses et
les forces de celles-ci : Il y a une tendance à rester à l’intérieur de
l’Institution.
·
Les
« cris de l'Evangile par sa propre vie » sont rares. Nous
perdons des forces prophétiques. Elles sont pleines d'espoir, les expériences
de quelques frères, des vrais « défricheurs » d'une nouvelle présence
missionnaire de l’Eglise parmi les pauvres (Brésil, Philippines, Burkina…)
·
Par des
expressions simples et diversifiés, nous découvrons :
o La force missionnaire du partage avec ceux de
« la dernière place »
o La force missionnaire insubstituable « du
témoignage »
o Les portes missionnaires qu’ouvrent les
« défricheurs » parmi les pauvres et les exclus
DISCERNEMENT
Quelle « Lettres de l'Esprit
aux Eglises » (Cf. Apoc. 2 et 3) face à cette réalité ?
Avant tout! une attitude
d’esprit. fr. Charles fut « un Homme du Vent » : il a vécu l'aventure
de la vie, ouvert à l'Esprit dans sa culture et son histoire. Notre enjeu
« Re-inventer, dans la force de l'Esprit, le témoignage du fr. Charles, en
nos cultures et nos Eglises ».
Saint Nicodème ! priez pour
nous!(Jean 3)
Face à l'universalité :
·
Profiter de
la Béatification du fr. Charles et la Reconnaissance Ecclésiale de la
Fraternité, pour diffuser sa spiritualité, la où elle n’est pas connue :
Europe de l'Est, Afrique Anglophone, Amérique Centrale et pays d’Amérique du
Sud .
·
Face au
« vieillissement » nous sommes invités à réfléchir aux questions que
se posent les jeunes d’aujourd’hui, et leur offrir la réponse actuelle du fr.
Charles.
Face à nos fraternités :
·
Elles sont
des espaces d’accueil entre prêtres. Il nous faut avancer pour en faire « des
espaces de conversion » à Jésus et à l’Evangile, des « passionnés
serviteurs du Royaume de Dieu et sa Justice », en faveur des hommes et des
femmes (attention aux « sociétés de secours mutuels » !)
·
C’est par la
Révision de Vie que nous nous assumons dans la foi. Nous devons passer du
« partage de nos vies » à « re-viser nos vies » à la
lumière de l’Evangile, selon le témoignage du fr. Charles. C’est ainsi que nous
nous épaulons, pour croître comme disciples, témoins et apôtres de Jésus. La Révision
de vie devient ainsi comme le Sacrement de la Fraternité, où l’Esprit agit à
travers les frères.
Face à la Spiritualité de
Nazareth :
·
Les moyens
que nous propose la Fraternité, sur les traces du fr. Charles, c’est ce qui
nous donne notre Identité : l’Eucharistie, Sacrement du Pain Partagé et
son prolongement dans l’Adoration, la Journée de Désert, la Méditation de
l’Evangile, le Mois de Nazareth, l’Amour et l’Engagement des Pauvres, la
Mission.
·
De notre
fidélité à ces moyens dépend notre croissance dans le Christ et son Esprit,
ainsi que le service de nos frères.
·
Le Mois de
Nazareth est une expérience spirituelle et fraternelle irremplaçable, vécue par
tant de frères. Il marque notre identité. C’est là que nous est donnée la grâce
que Jésus nous offre par la vie du fr. Charles. Mais malheureusement, il y a
une tendance à le reporter indéfiniment.
·
Croître en
l’amitié de Jésus de Nazareth : en nos cultures de l’efficacité où Dieu a
chaque fois moins d’espace, il est important de « perdre le temps pour le
Dieu du Royaume », en Le cherchant et en se laissant chercher par Lui.
·
« De
Nazareth que peut-il sortir de bon? » L’espace que Jésus nous
réserve est parmi « les derniers ». Il faut vivre à « contre
courant ». N’oublions jamais la « dernière place ».
·
Le Repas en
Mémoire du Corps et du Sang de Jésus nous rapproche du Corps et du Sang
de milliers de pauvres crucifiés de nos sociétés.
Face à la fraternité
universelle, proche et engagé avec les pauvres :
·
Nos
différentes façons de vivre en « frères universels » nous
conduira à passer de la vie « pour les pauvres », vers une « avec
les pauvres » pour aboutir à une « comme les pauvres ». C’est de
là seulement qu’on peut devenir un « frère universel ». C'est le
style de Jésus, que fr. Charles a essayé de vivre.
·
Nos sociétés
nous poussent à une « fraternité de consumisme et de
concurrence ». Nos fraternités nous poussent à la « fraternité
du partage ».
·
C’est
édifiant les efforts des frères pour partager l’habitat, le loisir,
le transport, la nourriture, les moyens d’évangélisation... des pauvres et pas
seulement « la cause des pauvres » et leur combat pour la justice.
·
Il y a des
« défis délicats » pour mûrir en fraternité au delà des rencontres.
·
Ils y a des
gros défis qui viennent des « racismes » et « extrémismes »
de nos sociétés. Nous courrons le risque de nous enfermer dans une fraternité
entre catholiques. Nous sommes des témoins d’une vocation fraternelle
universelle ! Dans le style de Jésus. Au nom de la Fraternité Universelle
nous devons devenir des « prophètes » qui dénoncent des structures
politiques, culturelles, religieuses empêchant nos frères et soeurs de vivre
fraternellement.
Face à la Mission :
·
La Mission
de l’Eglise est le service et l’engagement pour le Royaume de Dieu et sa
Justice. Dans l’esprit du fr. Charles, nous sommes défiés à aller au delà des
frontières de l’Eglise.
·
Il faut
encourager l’expérience des frères et des fraternités qui sont des vrais
« défricheurs » d’une Eglise missionnaire.
·
Les
fraternités ne peuvent rester seulement des lieux d’expériences de croissance
personnelle comme disciples de Jésus. Elles doivent être des espaces de
recherche de nouveaux champs de mission. Le Sahara et les Touaregs... sont
venus chez nous !
APPEL A L’ACTION
« Voyez ! Je fais des Cieux Nouveaux et
une Terre Nouvelle » (Is 66, 22)
·
Notre futur
comme Eglise, notre survivance, celles des Fraternités Jésus Caritas se joue
dans notre réponse engagée et évangélique aux gémissements de l’Esprit de
millions de pauvres, selon le témoignage du fr. Charles.
·
Dans nos
sociétés il y a trop de « dieux ». En nos fraternités
sacerdotales Jesus Caritas nous devons être des passionnés chercheurs et
serviteurs de Dieu, de l’Unique, du Dieu des Pauvres qui s’est révelé dans le
Pauvre Jésus de Nazareth et qui s’identifie aux Pauvres.
·
Soyons
fidèles aux moyens de croissance spirituelle que la Fraternité nous
propose ; « perdons le temps pour Dieu !» ainsi nous deviendrons
plus humains et plus fraternels envers tous.
Préparons nous à jouir
des « merveilles de Dieu » en nos frères ici rassemblés.
Ce sera une Pentecôte !
San Antonio de Colo, le 5 octobre 2006
Regardant la mer et les montagnes...
Père José Ernanne
Pinheiro
L´Église Catholique au Brésil vit un moment
d´espérance- la perspective que la Conférence d´Aparecida reprenne les grandes
options du Concile Vatican II. Alors, nous aurons comme références auxquelles
nous ne pouvons renoncer pour la 5e Conférence : la primauté
absolue de la Parole, l´affirmation de l´Église comme Peuple de Dieu, la
redécouverte de la collégialité ecclésiale et la présence de l´Église dans le
monde, dans une relation de dialogue et
de service.
A l´intérieur de la
méthode Voir, Juger et Agir, je vais
essayer de présenter, d´une manière synthétique, les grandes aspirations de
l´Église du Brésil, en partant de la
réalité comme lieu de présence de l´Esprit et du Règne de Dieu, en détectant des signes des temps, à la
lumière des enseignements du Magistère, pour percevoir les défis pastoraux et
les éléments à être développés à Aparecida.
I.- DES SIGNES DES TEMPS POUR L´ÉGLISE DU BRÉSIL ET D´AMÉRIQUE LATINE ([1])
Au sujet de la réalité avec ses contradictions et ses différences :
Dans le domaine social se vérifie la croissance de l´inégalité
sociale et le numéro de
marginaux qui préoccupe; s´observe
la fermeture des personnes sur elles mêmes, l´oublie de sa nature d´être
relationnel ; l´individualisme mené aux extrêmes conséquences déshumanise
la vie, gère drogués, enfants de la rue, malades mentaux, mendiants, familles
désorientées.
Au plan économique, se considère plus
importante la croissance de la production au
détriment de la croissance humaine.
Les sentiments d´efficience et de gain croissent pour de meilleures résultats
avec les conséquences pour la dignité humaine.
Les intérêts socio-économiques traduisent la concentration du pouvoir de
ceux qui possèdent le contrôle technologique et de l´armement guerrier ;
provoquent le chômage structurel.
Ce qui cause cette situation est
l´injustice sociale- la mauvaise répartition du revenu qui crée un « ordre » économique mondial
pervers, en approfondissant toujours plus l´abîme entre les riches et les
pauvres.
Économiquement, il n´existe plus de souveraineté absolue, le capital
spéculatif envahit l´économie des pays
plus fragiles, en affaiblissant l´équilibre économique des plus faibles.
L´Amazonie, par exemple, est dans la mire pour une internationalisation, par le
moyen de la bio piraterie.
Dans le domaine
politique, au cours des campagnes électorales, les candidats manipulent
le peuple qui, encore une fois, croit et espère des changements; il manque
d´éclairage des personnes, la connaissance de ses droits, et finalement, de la
citoyenneté. Les pauvres sont employés comme produit descartable, en raison du
manque d´une conscience de la citoyenneté.
La
démocratie sociale et participative fait seulement ses premiers pas. [2]
Dans le domaine religieux, les
promesses religieuses d´aujourd´hui recherchent un bonheur fictif établit sur
le bien être et la tranquillité personnelle sans l´engagement avec une action
transformatrice à la lumière de l´Évangile. Ses caractéristiques sont, tantôt
un fondamentalisme rigide et un attachement aux rites et formules de ses
croyances, inspirant une « théologie de la prospérité » fausse et
sans scrupule, tantôt l´irresponsabilité
d´une recherche et l´attachement pour un sentiment religieux light qui donne la paix, le succès, le
permissible, qui généralement se confond au syncrétisme, sans l´engagement avec
la vérité et la transcendance.
Tout cela dans un monde globalisé qui est une arme à deux tranchants, ses effets dépendent de ce que nous faisons avec elle. D´un côté, se voit l´altération de l´identité culturel des peuples, le culte propre de soi, de l´argent et du plaisir. C´est la fin de la solidarité, de la famille, de la dignité de la femme, de l´hétérosexualité, du mariage et de la vie.
Le gain qui recherche le
profit facile (capital volatil) exploitant les régions de main d´oeuvre à bon marché, l´accélération du mouvement de biens et
capital absurdement déproportionné au mouvement des forces de travail (problème
de la mobilité humaine).
Dans une autre perspective, la
globalisation est propice à une intégration accélérée
entre les peuples et les pays du
monde, produit un processus de connaissance de l´identité culturelle, de la
nature et des groupes humains qui se sentent menacés, en créant des réseaux
extensifs pour la défense des droits humains. Dans quelques cas, cela rend
possible l´union des peuples et des nations, l´actualisation et l´accès aux informations.
En résumé, quelques uns des grands défis
constatés au coeur de notre réalité :
a)
La pauvreté croissante et les grands
contrastes ;
b)
La violation des droits humains ;
c)
La menace d´un désastre écologique ;
d)
Le pluralisme religieux ;
e)
Le phénomène de la masse (massification)
et l´anonymat du monde urbain.
g)
Désagrégation familiale.
II.- RECHERCHE DE FIDÉLITÉ À L´ESPRIT DANS LA RELATION ÉGLISE- SOCIÉTÉ DANS L´AMÉRIQUE LATINE
Le paragraphe 4o
de la Carte Apostolique du Pape Paul VI, Octogésima Adveniens,
célébrant les 80 ans de Rerum Novarum,
nous rappelle que « revient aux communautés chrétiennes d´analyser, avec
objectivité, la situation propre de son pays et chercher à l´éclairer à la
lumière des paroles inébranlables de l´Évangile ; à ces paroles convient
de puiser les principes de réflexion, les normes pour juger et les directrices
pour une action, dans la doctrine sociale de l´Église [...] À ces communautés
chrétiennes il revient de discerner, avec l´aide de l´Esprit- Saint, en
communion avec les évêques responsables et en dialogue avec les autres frères
chrétiens et avec tous les hommes de
bonne volonté- les options et les engagements qui conviennent d´être acceptés,
pour réaliser les transformations sociales, politiques et économiques qui se
présentent comme nécessaires et urgentes,
non seulement en peu de cas ».
Exactement dans cette mission de co-responsabilité que l´Église d´Amérique Latine a essayé de concrétiser la réception du Concile Vatican II, d´une forme créative, a partir de notre réalité.
Le Père Henrique Vaz S.J.
philosophe et penseur de notre pays, en prenant conscience que l´Église
d´Amérique Latine rompait avec les liens anciens, a baptisé ce phénomène d´un
passage d´une Église-reflet à une Église-source.
Naturellement, avec des hauts et des bas, avec une meilleure autonomie ou
avec dépendance et soumission.
Au moment que l´Église du
Brésil et de toute l´Amérique Latine se prépare pour la 5e
Conférence de l´Épiscopat, à Aparecida[3],
il sera important de nous rappeler les options de base des dernières
Conférences (Medellin, Puebla, Saint Domingue). Ces options ont contribué à
mettre en pratique la rénovation de Vatican II au coeur de nos Églises locales
et, en même temps, en aidant à l´Église Universelle.
La Conférence de Medellin en 1968
Elle
avait comme objectif de réfléchir sur la mission de l´Église dans la
transformation actuelle de l´Amérique Latine à la lumière du Concile Vatican
II. Ses éléments-clés sont:
1.
L´option
préférentielle et solidaire pour les pauvres
Même si la formulation « options pour
les pauvres » soit propre à Puebla, déjà
était, toutefois, présente à
Medellin de différentes manières. Rappelons quelques passages :
Dans le document sur la Pauvreté :
« Nous voulons que l´Église soit
évangélisatrice et solidaire avec
les pauvres, témoin de la valeur des biens du Royaume et humble servante de
tous les hommes de nos peuples. Ses pasteurs et en outre, les membres du Peuple
de Dieu doivent donner leur propre vie, leurs paroles, attitudes et action, la
cohérence nécessaire avec les exigences évangéliques et les nécessités des
latino-américains » (III, 8). Un peu plus loin : « Nous devons
rendre subtile la conscience du devoir de solidarité avec les pauvres. Cette
solidarité va signifier de faire nôtres leurs problèmes et luttes et de savoir
parler pour eux. Cela se concrétisera par la dénonciation de l´injustice et
l´oppression, dans la lutte contre la situation intolérable dans laquelle se
rencontre à plusieurs reprises le pauvre et dans la disposition de dialoguer
avec les groupes responsables pour cette
situation afin de leur faire comprendre
leurs devoirs » (III,10). Dans ce
contexte, est entré la terminologie libération,
intimement liée à option pour les pauvres, dans une perspective théologique et
biblique.
2.
Évangélisation
et libération intégrale
Medellin a donné une connotation originale à cette
option pour les pauvres- son
caractère structurel. On parle d´« oppression structurelle »,
« situation d´injustice et de péché » du continent. On se réfère à la
violence institutionnalisée.
En même temps,
Medellin cherchait à répondre, à partir de l´Évangile, au « cri sourd qui
venait de millions de personnes, demandant à leurs pasteurs une libération qui
ne leur arrive d´aucune part » ; et répète la parole de Paul VI aux
paysans de la Colombie : « maintenant, vous nous écoutez en silence
mais nous entendons le cri qui s´élève
de votre souffrance » (14,2).
Le message final de Medellin exprime les
engagements qui seront assumés par tout le peuple de Dieu, entre lesquels il
affirme, sans vouloir substituer les
gouvernements, une recherche d´ « inspirer , stimuler et montrer l´urgence d´un nouvel ordre de
justice qui incorpore tous les hommes dans la gestion de leurs propres
communautés ».
3.-Les Communautés
Ecclésiales de Base (CEBs)
La Conférence de Medellin
explicite avec insistance la thématique des CEBs sous l´aspect ecclésial,
pastoral e social. Une réponse à une conception d´Église « communauté de
communautés », à l´évangélisation des pauvres comme sujets
d´évangélisation et de promotion intégrale.
Parlant au sujet de la rénovation
des structures pastorales, il est dit : « La communauté chrétienne de
base est le premier et fondamental noyau ecclésial, qui doit, dans son propre
niveau, se responsabiliser pour la richesse et la diffusion de la foi, comme aussi pour le culte qui est son
expression. C´est elle, pourtant, la cellule initiale de structuration
ecclésiale et foyer d´évangélisation et actuellement facteur primordial de
promotion humaine et de développement » (15,10).
4.- La méthode de Gaudium et
Spes (de la JOC) et son application em Amérique
Latine.
Il s´agissait de la
lecture des signes des temps en suivant le rythme déjà proposé par Jean XXIII
dans Mater et Magistra- Voir, Juger et
Agir- et est assumé par Gaudium et Spes. Dans le Voir, Medellin se propose de contempler avec les yeux de la foi une
réalité historique et sociale, avec la contribution des sciences sociales.
Aussitôt dans l´introduction, les évêques s´expriment ainsi: « Nous
ne pouvons pas laisser de découvrir dans cette volonté, chaque fois plus tenace
et urgente de transformation, les vestiges de l´image de Dieu dans l´homme,
comme un puissant dynamisme »(n.4).
La Conférence de Puebla en 1979
Le contexte était déjà
différent. La grande question qui était présente : comment re- situer
Medellin dans la nouvelle conjoncture
politique et ecclésiale de l´Amérique Latine ?
Les gouvernements
militaires dans plusieurs pays du continent, sous l´idéologie de la loi de sécurité
nationale. Dans l´Église, la transition des papes- mort de Paul VI et Jean-Paul
I et l´entrée de Jean-Paul II au gouvernement de l´Église.
Devant la question- si Puebla donne continuité à Medellin-, les uns sont plus optimistes, les autres plus réservés. Dom Paulo Evaristo Arns disait : Medellin a baptisé une nouvelle Église en Amérique Latine et Puebla l´a confirmé ». Déjà le Père Libânio, dans l´article ci-haut mentionné, parle d´une manière moins enthousiaste : « la clarté et la décision des options de Medellin ont reçu dans le document de Puebla des nuances. Il a affaibli les options centrales pour les pauvres et pour la libération. Le terme « libération » a été changé pour « évangélisation libératrice ». Et a changé l´accent pour la culture et pour la religiosité populaire.
Cependant, nous ne pouvons
sous-estimer la lecture spirituelle que Puebla fait des ‘figures concrètes’ de
l´Amérique Latine quand il dit : « Cette situation d´extrême pauvreté
généralisée acquiert, dans la vie réel, des aspects très concrets, dans lesquels nous devrions voir les traits
souffrants du Christ, le Seigneur qui nous questionne et interpelle (citation
de divers traits) (n.31-39) ».
Il accentue aussi l´option
pour les jeunes, la défense de la dignité humaine...
La Conférence de Saint Domingue en 1992
La Conférence se réunit
dans le climat de la mémoire de la
découverte ou de la conquête des Amériques et du début de
l´évangélisation.
Nous étions en pleine
ébullition néo-libérale avec un nouveau type de pauvreté- manque d´emploi,
exclusion sociale. Dans l´Église, il y avait un processus de contestation et de
manque de confiance de la théologie de la libération et la croissance des
mouvements ecclésiaux, en particulier la rénovation charismatique. En même
temps, l´émergence de mouvements
féministes, écologiques, pacifistes, anti-racistes et interreligieux.
Quelques tendances sont
apparues. Dans le champ social, la problématique sociale orientée pour la lutte
contre l´injustice, a changé pour l´évangélisation de la culture moderne. La
proposition de la nouvelle évangélisation
portait des ambiguïtés ; les uns la voyaient comme une
rétrocession, les autres pensaient que cela confirmait la nouvelle
évangélisation déjà prévue à Medellin.
Quelques aspects positifs
attirent l´attention à Saint-Domingue : la solidarité latino-américaine et
mondiale, l´inculturation, la re-lecture des nouveaux visages de pauvres, la
valorisation du rôle des laïques...
III.- DÉFIS POUR L´ACTION ÉVANGÉLISATRICE À
APARECIDA[4]
Du matériel de synthèse que l´Église du Brésil présente pour la Conférence
d´Aparecida, nous percebons comme défis :
Issus du contexte actuel
Du caractère ecclésial